Des conditions de travail dangereuses...
La presse de l'époque a souvent évoqué les accidents survenus à l'usine des Forges souvent mortels, accidents provoqués par des conditions de travail déplorables. Voici quelques articles du "Courrier de Bayonne" à ce propos, certains reconnaîtront peut être le nom de leurs ancêtres "victimes" du travail...
Article paru le 2 juillet 1885 :
Le 26 juin dernier, un accident des plus déplorables est arrivé à l'usine des hauts fourneaux de l'Adour.
Le nommé Jean Saint André âgé de 33 ans manoeuvre, était occupé à aiguiser divers outils sur une meule mue par une machine à vapeur, quand tout à coup, et sans que rien puisse le faire prévoir, la meule s'est divisée en trois morceaux qui ont été projetées de part et d'autre. L'un des morceaux a frappé Saint André à la tête d'une façon si violente que la mort a été instantanée.
Article paru le 24 février 1886 : Accident aux Forges
Un déplorable accident est arrivé hier aux Forges de l'Adour au Boucau vers 8 heures, le tampon de trou d'homme d'une chaudière verticale faisant suite à un four à réchauffer les lingots d'acier dont elle utilisait les flammes perdues s'est rompu. La chaudière s'est vidée en quelques secondes par cette ouverture projetant une gerbe énorme de vapeur et d'eau bouillante.
Quatre ouvriers occupés à chauffer le four ont malheureusement été enveloppés par la vapeur et sont brûlés assez grièvement; ce sont les nommés Jean Lacomme, Delpech, Bertrix, et Foresto. On craint pour les jours de Lacomme qui est chef d'une nombreuse famille.
MM. les docteurs Moynac, Tucoulat et Luxcey ont immédiatement prodigué aux blessés avec le plus grand dévouement les soins qui leur étaient nécessaires. Les dégats matériels sont insignifiants.
Article paru le même jour :
Au moment de mettre sous presse, nous recevons une lettre du Boucau qui nous attriste; deux des victimes de l'accident survenu hier soir, aux Forges de l'Adour ont succombé. Ce sont les nommés Jean Lacomme et Bertrix qui sont morts dans la matinée.
Foresto était à 3 heures à toute extrémité; c'est à absorption de la vapeur brûlante au milieu de laquelle ils se sont trouvés pendant quelques secondes qu'est attribué ce dénouement fatal, aussi tristement rapide, car, sauf pour Lacomme, le peu de profondeur des blessures ne faisait pas prévoir une aussi fâcheuse conséquence. Les obsèques de ces deux victimes auront lieu jeudi matin à Tarnos.
Article paru le 26 février :
L'accident survenu lundi soir aux Forges de l'Adour a eu de terribles conséquences. Nous avions annoncé que deux des victimes, Lacomme et Bertrix avaient déjà succombé mardi matin; dans la nuit, les nommés Delpech et Foresto sont morts après de longues souffrances.
Ce matin ont eu lieu au Boucau et à Tarnos les funérailles des victimes de l'accident du Boucau. Derrière les cercueils se pressaient, formant une grande famille à leurs camarades, tombés sur le champ de bataille de l'industrie, loin de leur pays et de leurs parents, les six cents ouvriers des Forges de l'Adour, en tête du cortège MM. de Montgolfier, Bouchard et Magnin directeurs, les ingénieurs des mines du département, les maires du Boucau et de Tarnos, Mondey lieutenant commandant le poste du Bocuau et un détachement de ses hommes, etc...
Une enquête minutieuse a été faite pour établir les causes de l'accident. Il résulte d'un vice de construction existant dans cette chaudière, vice non apparent avant l'accident. Il y a eu une simle rupture d'une pièce de fonte et nullement explosion. La chaudière avait été livrée neuve aux Forges de l'Adour il y a deux ans.
Quatre autres ouvriers qui avaient été atteints par des éclaboussures d'eau bouillante, sont dans un état qui n'inspire pas d'inquiétude.
à suivre...