Les accidents en 1900 aux Forges de l'Adour commentés dans le Courrier de Bayonne...
Article du 30 janvier 1900
Un terrible accident, malheureusement suivi de mort, est arrivé samedi matin aux Forges de l'Adour.
En allant prendre son déjeuner dans une armoire, un ouvrier, le sieur Jean Lafont, âgé de 34 ans, fut pris à la ceinture par un fil de fer, qui l'entraîna jusqu'à un arbre de couche en mouvement.
Saisi et emporté, le corps du malheureux se mit à suivre les évolutions de l'arbre de couche, ses deux jambes battant avec violence contre un tas de planches voisin.
Quand on le dégagea, il avait les jambes brisées et de graves contusions à l'estomac et au crâne.
Les premiers soins lui furent donnés par M. le docteur Darbouet.
Transporté à l'hôpital de Bayonne, il y succombait peu après à ses blessures.
Article du 13 juin 1900
Un triste accident s'est produit avant-hier, vers ciq heures et demie, aux Forges de l'Adour. Quatre ouvriers, les sieurs Dominique Tollis, 33 ans, Dominique Dibos, 39 ans, Michel Cazenave, 31 ans, Pierre Corrihons, 44 ans montaient un échafaudage qui, par suite de la rupture d'un madrier, s'écroula brusquement les entraînant dans la chute.
On les releva aussitôt et on les porta à l'infirmerie : Tollis, Dibos et Cazenave avaient la jambe fracturée et des contusions diverses; Corrihons était blessé au thorax et à la face.
M. le docteur Darbouet, après leur avoir donné des soins, ordonna leur transfert à l'hôpital de Bayonne.
L'état de Tollis qui se plaignait vivement de la poitrine, semblait d'abord inquiétant. Mais aujourd'hui, M. le Docteur Moynac, qui l'a vu, ainsi que les autres victimes de l'accident, a déclaré qu'aucune complication n'était à craindre.
Article du 6 juillet 1900
Un accident s'est produit l'avant dernière nuit, sur le quai des Forges de l'Adour.
Vers une heure un quart du matin, pendant le déchargement d'un navire, le pivot d'une grue s'est cassé au moment où elle levait une benne de charbon.
Le machiniste, le sieur Jean Baptiste Cazaurang, âgé de 19 ans, a dégringolé sur le quai avec la machine.
Il s'est dégagé avec l'aide de ses camarades qui l'ont transporté à l'infirmerie de l'usine.
M. le docteur Darbouet a déclaré que ses blessures n'offraient pas de gravité.