Accidents aux Forges en 1896...
Quand le "Courrier de Bayonne" de l'époque relate encore des accidents aux Forges...
Article des 2 et 3 février 1896
"Hier vendredi 31, deux sérieux accidents sont survenus aux Forges de l'Adour au Boucau.
Le matin, le nommé Darracq Léon, marié et âgé de 37 ans, était occupé à porter sur l'épaule avec d'autres ouvriers, une lourde masse de métal.
Au moment où on lui commanda de la projeter sur un wagonnet, il se pressa plus qu'il ne fallait, et la lourde masse lui tomba sur le bas de la jambe gauche. La jambe fut écrasée littéralement.
Dans l'après-midi vers les cinq heures, le jeune Moussez Etienne âgé de 17 ans et habitant chez ses parents à Ondres, était occupé à décrocher des wagons pour la manoeuvre. Ces wagons étaient en marche. Comment fit ce pauvre garçon ? Le fait est qu'il tomba ou roula sous ces wagons, et lorsqu'on le releva, il avait la cuisse gauche fracturée et des plaies très grandes et multiples, éparses un peu par tout le corps.
Après avoir reçu les premiers soins du Docteur Darbouet, ces deux blessés ont été menés à l'hôpital Saint Léon."
Article du 23 avril 1896
"Hier soir vers 5h et demie, un grave accident s'est produit aux Forges de l'Adour.
Le sieur Pierre Battut âgé de 28 ans habitant Ondres, était occupé à débarquer des poteaux de mine d'un wagonnet lorsqu'il perdit l'équilibre et tomba la tête la première, sur les dalles du quai, d'une hauteur de 2,50 à 3 mètres.
Relevé sans connaissance il fut transporté à l'ambulance des Forges, où M. le docteur Darbouet, mandé immédiatement, reconnut une fracture à la base du crâne.
Malgré les soins qui lui furent donnés, le malheureux expira deux heures après.
Il était marié depuis quelques mois à peine, et laisse une veuve dans un état intéressant."
Article du 2 juin 1896
"Un accident qui aurait pu être des plus graves, s'est produit avant hier soir, vers 5 heures et demie, aux Forges de l'Adour.
Le sieur François Stoker, âgé de 36 ans, dégrossisseur, ayant voulu voir s'il y avait quelque chose de dérangé au cylindre de la machine du train-rail, s'approcha trop, fut accroché par la blouse au manchon du cylindre, entraîné par le volant, qui est d'un poids énorme, et il fit plusieurs tours avec le volant avant qu'il pût être arrêté.
Heureusement, s'étant cramponné des deux mains, il ne reçut que quelques contusions légères.