Décès de Monsieur Claudius Magnin (suite)
Discours prononcé aux obsèques de Monsieur Claudius Magnin le mardi 19 décembre 1916 par Monsieur Hugon, ingénieur principal des Forges de l'Adour au Boucau...
Une voix beaucoup plus autorisée que la mienne vient de retracer éloquemment la vie si complètement, si dignement remplie et les éminentes qualités de coeur et d'esprit de celui que tous nous regrettons du plus profond de notre coeur.
Je n'aurais donc rien à ajouter si, comme Ingénieur de l'usine et représentant d'une grande partie de la population qui fut depuis tant d'années l'objet de sa sollicitude, je ne ressentais le devoir douloureux de venir au seuil de cette tombe adresser, au nom de tous, nos très profonds regrets, le tribut inaltérable de notre gratitude, l'hommage de notre admiration.
Cher Monsieur Magnin,
Dans les moments difficiles qu'imposent parfois les durs travaux de l'usine, tous : ingénieurs, employés, contremaîtres, ouvriers, nous avons toujours senti votre rude impulsion, votre indomptable énergie, votre juste reproche.
C'est tout cela, qui faisait le chef à la fois craint, aimé, vénéré, devant lequel tout le monde se découvrait et qui trouvait pour chacun, du plus grand au plus petit, le mot qui réconforte et qui encourage.
C'est donc au nom de votre chère usine des Forges de l'Adour, c'est au nom de cette population accourue si religieusement dans cette chapelle et ici autour de cette dépouille, c'est surtout au nom de ces ouvriers, vos collaborateurs de la première et dernière heure, que je viens une dernière fois vous saluer et vous dire : au revoir dans un monde meilleur.
Que votre famille de sang reçoive de votre famille d'adoption, dont vous étiez l'orgueil et le foyer, le témoignage de nos condoléances émues et bien affectueuses.