Décès de Monsieur Claudius Magnin (suite)

Publié le par adolphine

Discours prononcé aux obsèques de Monsieur Claudius Magnin le mardi 19 décembre 1916 par Monsieur Théodore Laurent, administrateur-directeur général de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt. (suite)

 

 

Sans doute il devient, tout en continuant de diriger sa chère usine, sous-directeur puis directeur général de la Compagnie. Sans doute, avec le même esprit avisé, avec la même jeunesse de conception, il entrevoit la nécessité pour les intérêts vitaux de la Compagnie de créer une nouvelle usine dans l'Est et déjà âgé de plus de soixante ans, il n'hésite pas à assumer la lourde tâche de diriger la création et le développement de l'usine d'Homécourt.

Mais c'est toujours au Boucau qu'il revient. C'est au Boucau qu'il réserve la véritable tendresse du père pour son enfant. Lorsqu'il désire abandonner ses fonctions de Directeur Général pour devenir Vice-Président du Conseil d'Administration, c'est au nouveau Directeur du Boucau qu'il réserve son temps et ses conseils; c'est à la mise au niveau des progrès du jour de l'outillage de l'usine qu'il consacre son activité.

La guerre commence et bientôt apparaît la nécessité, non seulement de reconstituer nos usines métallurgiques désorganisées par la mobilisation, mais encore de résoudre les problèmes les plus difficiles pour pousser leur production à l'extrème limite de leur capacité, pour créer de nouvelles fabrications.

Monsieur Magnin est là, soutenant directeurs et ingénieurs de son expérience et de tout son dévouement, aussi jeune d'activité, de confiance inébranlable, de patriotisme éclairé que le plus jeune d'entre eux. Il donne à l'usine toutes ses forces; il lui sacrifie sa vie.

Chez Monsieur Magnin, la plus haute valeur morale s'unissait aux éminentes qualités du technicien et de l'administrateur. La modestie, une grande bonté, la tendresse du coeur, la plus scrupuleuse droiture, et par dessus tout, l'esprit de justice et de bienveillance dans la conduite des hommes, dominaient son esprit et réglaient sa conduite. Supportant avec un rare courage les épreuves de la vie qui venaient briser ses plus chères affections, il se consacrait avec toute son âme à celles qui lui étaient conservées, à ses enfants et petits enfants, à ses parents, à ses collaborateurs, à ses ouvriers, qui faisaient l'objet de ses constantes préoccupations, à ses amis.

Partout où il se trouvait, dans les réunions où se rencontraient nos Collègues métallurgistes, dont il état le doyen, dans les nombreux conseils d'administration où il avait été appelé, il était écouté, respecté et aimé. Personne plus que lui n'était fidèle à ses amitiés. Combien de fois l'ai-je vu consacrer tous ses efforts et s'employer de toutes manières pour rendre un service, apporter à ses amis tout l'appui qu'il pouvait donner ! Sa joie était de procurer une satisfaction, un plaisir à ceux qui l'entouraient.

Dieu l'a enlevé à notre affection. Il L'a certainement reçu en son sein comme le bon serviteur de l'Evangile ! Que cette pensée apporte une consolation à ceux qui le pleurent.

Et nous, Messieurs, mes chers amis, à ce moment où la pensée de tous doit être et est de faire, chacun à la place qui lui a été assignée, tout son Devoir, plus que son Devoir pour la Patrie, gardons pieusement la mémoire et le grand exemple de l'homme que nous venons d'accompagner à sa dernière demeure et dont toute la vie déjà longue a été consacrée au Travail, au Devoir, jusqu'au sacrifice.

 

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