Décès de Monsieur Claudius Magnin

Publié le par adolphine

Discours prononcé aux obsèques de Monsieur Claudius Magnin le mardi 19 décembre 1916 par Monsieur Théodore Laurent, administrateur-directeur général de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt.

 

 

 

Messieurs,

 

A 1000 kilomètres du front, où nos Fils, nos Frères, nos Amis luttent et hélas ! tombent et meurent pour la France, l'homme de bien, le patriote, le grand chef modeste et bon dont je salue pour la dernière fois la dépouille mortelle au nom de tout le personnel de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt, est mort au Champ d'Honneur.

C'est le drapeau aux trois couleurs qui devrait recouvrir le cercueil de ce vieillard de 76 ans, comme il recouvre ceux de nos jeunes hommes frappés par le feu de l'ennemi sur le Champs de Bataille.

Il y a juste aujourd'hui huit jours notre cher et vénéré Vice-Président me quittait à Paris après une longue et bonne causerie, au cours de laquelle, comme toujours, nous avions étudié ensemble les moyens d'augmenter encore la large contribution aux travaux de la Défense Nationale de son usine du Boucau, de cette usine qu'il aimait tant, qu'il aimait, ainsi qu'il le répétait quelquefois, comme son troisième enfant.

Il avançait son départ pour arriver à temps à un rendez-vous qu'il jugeait important. Négligeant sa fatigue, un commencement d'indisposition, il partait appelé par le Devoir, qu'il voulait remplir jusqu'au bout. Il arrive et il tombe, frappé à mort par un mal impitoyable qui emporte en trois jours l'ami que nous ne pouvions nous habituer à voir vieillir, retrouvant toujours en lui la même activité, la même intelligence, le même grand coeur.

Nous le pleurons ! Mais quelle belle fin à cette vie toute de travail et de Devoir !

 

A peine sorti de l'Ecole des Mines de Saint Etienne, Claudius Magnin entrait comme jeune Ingénieur aux usines de Bessèges, de la Société de Terrenoire. Déjà dans les quelques années qu'il passa au service de cette Société, d'où sont sortis des progrès si importants de l'industrie métallurgique, il se faisait remarquer par son intelligence, son activité, son grand bon sens et son esprit pratique.

Il quittait Bessèges au bout de quelques années pour venir, il y a quarante cinq ans, consacrer tout le reste de son existence à notre Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt, alors Compagnie des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de Fer. Pendant dix ans toute sa valeur d'Ingénieur et d'Administrateur s'affirme dans la Direction des Hauts-Fourneaux de Givors, qu'il quitte en 1880, chargé de venir créer et diriger sur cette terre hospitalière du Sud Ouest, dans ce beau coin de France, une nouvelle usine métallurgique.

Ceux qui connaissent les difficultés d'établissement et de mise en route d'installations industrielles même dans les régions où existent déjà des installations similaires, peuvent se rendre compte des ressources que dut puiser Monsieur Magnin dans son véritable génie d'ordre, de méthode et dans son énergie patiente et fructueuse pour réaliser l'oeuvre admirable de création de l'usine du Boucau.

Combien il s'est attaché à cette oeuvre ! Combien il l'a aimée et avec elle tout ce pays où elle se développait, devenu dans la grande Patrie sa petite patrie d'adoption; nous tous qui l'avons connu et suivi pouvons en témoigner...

 

 

 

à suivre...

 

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Publié dans Histoire

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