Petite histoire de l'école des soeurs et du quartier des Forges (suite)...

Publié le par adolphine

"Ouvroir


Le 1er décembre 1892 s'ouvre l'Ouvroir de l'Immaculée Conception, ou grand Ouvroir. Déjà, les jeunes doigts s'étaient dégrossis durant les heures de travail du petit ouvroir, qui se tenait après la classe, moyennant une rétribution de 50 centimes.

L'Ouvroir a débuté avec 12 jeunes filles : leur nombre devait aller croissant... Toute la journée on tirait l'aiguille avec activité et en silence, ou bien on chantait quelques pieux refrains.

C'est de l'ouvroir que sortaient les meilleures actrices des grandes séances et les membres de la Schola dirigés par Soeur Saint Joseph, l'ange de la paroisse, l'âme de la maison, qui occupera les emplois les plus divers avec son même zèle, son même sourire...

Les enfants de Marie n'existaient pas encore, et, cependant les enfants des Soeurs avaient pour ainsi dire le même règlement.

Chaque jour on donnait des points. 6 pour les plus travailleuses, les dimanches comptaient, donc un mois de conduite exemplaire valait 180 points, avec lesquels on recevait une pièce de lingerie... Plusieurs ont pu ainsi compléter leur trousseau.


Désobéissance


Un jour de fête du Boucau, quelques ouvrières, les aînées, ne pouvant résister à la tentation, se cachèrent "derrière le buffet" pour danser entre elles, sous les yeux de leur mère...

Horreur ! Les maîtresses l'ont su et le lendemain les délinquantes se voyaient supprimer les 180 points du mois !... Quelle mortification !

Mais le temps passait. En 1903, la bonne Mère Alphonse mourait et était remplacée par Soeur Agathe Ange, l'une des premières religieuses.

Tout le monde garde le souvenir de cette religieuse si bonne. A peu près vers le même temps, l'école des garçons fut fondée. Soeur Anne et Soeur Henri arrivaient. Cette dernière, toute jeune religieuse s'était vu attribuer une épithète flatteuse par le directeur de l'école : "Soeur Henri, c'est un bouton de rose".


Des larmes


1910 fut une année sombre. Des menaces de départ troublaient la paix de la chère maison. Bientôt nos chères soeurs furent obligées de quitter les Forges. Que de larmes coulèrent !...

Le vide qu'avait laissé leur départ ne pouvait être comblé. Heureusement, Notre Dame veillait, et bientôt nos chères soeurs revinrent, entourées de plus d'estime que jamais...

Cet incident nous remplit d'espoir pour l'avenir... jamais nos chères soeurs ne manqueront, nous en avons la ferme confiance; l'amour est tellement plus fort que la haine..."


                                                                          à suivre...



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Publié dans Témoignages

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