A propos du bombardement des Forges en 1917 (suite)...
Ces premiers récits paraissent conformes à la réalité des faits, mais ceux qui les suivent, donnés par La Tribuna et l'ABC du 15 février, s'en éloignent sensiblement.
"St Sébastien, 14 février, 11h du soir - Des personnes qui arrivent de Bayonne nous ont rapporté des nouvelles du bombardement des Hauts-Fournaux du Boucau par les sous-marins.
D'après leurs dires, ce bombardement fut effectué par plus d'un sous-marin. Les submersibles s'avancèrent jusqu'à trois milles de la côte française. A l'heure du coucher du soleil, leur emplacement devenait peu visible du rivage. Un de leurs premiers coups atteignit une cheminée de l'usine et la fit d'écrouler à moitié. Les batteries de la côte ouvrirent le feu, mais sans résultat.
Dans l'usine, 4000 ouvriers travaillaient nuit et jour. Il paraît que le premier obus tomba à l'intérieur de l'usine, qu'il ouvrit un passage à l'eau d'un réservoir d'incendie et que l'usine fut inondée. De ce fait, les ouvriers ne pourront travailler pendant six à sept jours.
Les dommages matériels ne sont pas exactement connus, mais ils ne paraissent pas aussi importants qu'on le croyait tout d'abord. Il semble, par contre, que le nombre des victimes soit plus grand qu'on ne l'a dit. On parle d'une trentaine de blessés.
A Bayonne, on ne sait rien de certain, parce que la presse locale est très rigoureusement censurée. Un journal de Bayonne publie seulement un "entrefilet" où il est dit que si les lecteurs veulent se renseigner sur les choses de Biarritz et de Bayonne (allusion évidente au bombardement) ils lisent les journaux de la Chine*".
* Gazette de Biarritz du 14 février 1917. L'auteur de cette boutade est M. H. Joinuad, à ce moment rédacteur en chef de la Gazette.
Nous voilà, on le voit, dans le domaine des fausses nouvelles.
à suivre...