Grève aux Forges de l'Adour : mai 1918 (suite)...
Rapport du commissaire spécial de Bayonne le 21 mai 1918 au Sous-préfet de Dax
"... Désarménien prend ensuite la parole, il explique les nouveaux salaires qui vont être désormais appliqués "la grève est finie, dit-il, mais votre syndicat lui survit pour nous mener au triomphe de nos légitimes revendications".
Il demande en terminant à l'assemblée de ratifier sa confiance au comité de grève, ce qui est accepté à l'unanimité et dans le plus grand enthousiasme. Une ovation est faite à l'orateur.
Quelques ouvriers prennent la parole...Layre, Viro et Klein, un espagnol lit aussi une adresse de la fédération espagnole.
Tous se félicitent de la fin de la grève et louent les camarades du calme et de la dignité dont ils viennent de donner un magnifique exemple.
La séance est levée à 20h30 et la foule s'est dispersée sans incidents.
Aussitôt après, les équipes chargées de mettre en mouvement les différents services se rendent à l'Usine pour assurer la reprise du travail.
Toutes les dispositions sont prises pour qu'il puisse reprendre d'une façon générale à 18h30 aujourd'hui mardi. Le comité de grève fournira toute la maind'oeuvre pour atteindre ce but...
Dans toutes les usines de Bayonne et du Boucau, le travail a repris normalement à 13h30.
Je vous signale relativement à la succursale au Boucau des ateliers de Saint Gobain que son personnel n'a jamais cessé le travail; la direction avait déjà songé, parait-il à augmenter le taux des salaires mais elle n'avait pas encore fait part de son intention à ses ouvriers dans la crainte d'avoir l'air d'exercer une pression sur l'administration des Forges."