Grève aux Forges de l'Adour : mai 1918...
Rapport du 17 mai 1918 du Capitaine Dedieu commandant le groupement de Gendarmerie de Bayonne.
Les Usines appartenant aux divers établissements désignés ci-après se sont mises en grève le 16 mai.
Usine des Forges de l'Adour :
1813 ouvriers ont suspendu le travail, à 11 heures mais sans quitter l'usine
770 mobilisés
742 civils français dont 218 moins de 18 ans
77 femmes
171 espagnols
15 portugais
9 belges
2 grecs
7 italiens
Deux délégués du Comité de grève : M. Dufourcet, forgeron, conseiller municipal à Tarnos et Désarménien classe 1912, secrétaire du syndicat des ouvriers métallurgistes, ont été chargés vers 10 heures d'annoncer la cessation de travail à la direction.
1- Augmentation de salaire pour cherté de vie de 2 F ou de 3 F par jour suivant qu'il s'agit d'un travail de nuit ou de jour.
2- Règlement de certains litiges en souffrance.
3- Remplacement du controleur de la main d'oeuvre militaire pour son manque d'énergie.
16 mai même heure, 43 ouvriers sur 47 dont 10 mobilisés ont cessé le travail à l'usine "Arpon" (je ne suis pas sûre de l'orthographe)
Même jour 15 heures les 4 ouvriers dont 2 mobilisés de l'atelier de decolletage Caze et les 11 dont 2 mobilisés de l'atelier d'usinage Carrère du Boucau ont cessé le travail.
Dans la soirée du 16 mai à 18h30 environ 2000 ouvriers se sont réunis au vélodrome du Boucau pour entendre M. Désarménien faire l'exposé des grandes lignes du mouvement entrepris. Il a dit notamment que la grève était dirigée contre la mauvaise volonté et non contre la défense nationale, que tout le monde devait rester étroitement uni pour obtenir rapidement satisfaction.
Du 16 au 19 mai les ouvriers ont été calmes
... Dans la journée du 19, la direction des Forges a fait afficher à l'intérieur de l'usine un écrit faisant appel au patriotisme des ouvriers pour les engager à reprendre le travail mardi 21 mai, à défaut de quoi la compagnie se verrait dans la nécessité d'envisager la fermeture de l'usine.
Réunion tenue au vélodrome du Boucau le 19 mai à 18h20, on a discuté... l'ouvrier mobilisé Désarménien a fait ressortir entre autre fait intervenant que le travail ne reprendrait pas avant qu'on ait retiré les ordres d'appels aux camarades et a émis l'avis qu'aucune sanction ne devait être prise contre les grévistes (6 ordres d'appel seulement ont été notifiés) l'orateur a été évidemment ovationné.
Environ 3000 personnes assistaient à la réunion, la dispersion s'est effectuée sans incidents aux cris de "Vive l'Union Syndicale et la Fédération des Métaux".