La grève de 1915 aux Forges de l'Adour (suite)...
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4- que nombre d'ouvriers envoyés des dépôts et qui sont originaires des régions métallurgiques du Nord arrivent dans des positions de travail assez imparfaites, parce qu'ils trouvent et critiquent, dans cette usine, dont le matériel allait être modernisé au moment de la mobilisation, un outillage démodé et abandonné depuis un certain temps, là où ils avaient travaillé jusqu'à présent. La valeur de ces considérations peut être diversement appréciée, mais il n'en est pas moins admissible qu'un jour ou l'autre, dans la main d'un agitateur habile, ces états de choses très différents, aujourd'hui très anodins, puissent devenir un tout facile à exploiter.
Ce qui amène à conclure,
- que demander, par exemple qu'un poste militaire soit chargé à demeure de la surveillance de l'usine, serait tout à fait hors de propos, actuellement malgré la grande importance de l'établissement.
- qu'une surveillance très étroite assurée par la gendarmerie constituerait le mode d'action le plus efficace.
- que pour exécuter cette mission la force de gendarmerie intéressée est notoirement insuffisante. A cet égard Monsieur Magnin m'a fait savoir qu'à une époque distante d'une douzaine d'années, à la suite d'une intervention de sa part auprès de l'autorité administrative, motivée par une grève de ses ouvriers, il avait été pris des mesures pour que Monsieur le Sous-Préfet de Bayonne ait l'initiative des mesures à prendre en cas d'évènements graves surgissant à l'improviste.
Cette mesure met en relief l'inconvénient qui peut parfois résulter de l'attribution à l'arrondissement de Dax de ce centre industriel voisin de Bayonne.
Au point de vue spécial de la gendarmerie, le hameau dépendant de la commune de Tarnos, dit "Cité des Forges" où est bâtie l'usine des Forges est à 12 km de Saint Martin de Seignanx, tandis que la brigade du Boucau (arrondissement de Bayonne) n'a à se préoccuper que des répercussions possibles de ce voisinage sur sa résidence.
Cet éloignement, dans les circonstances actuelles, rend impossible une surveillance continue.
Il semble que la solution la plus favorable à la préservation de l'usine, aussi bien que de la sécurité publique de Tarnos et du Boucau, consisterait dans ce renforcement de la brigade du Boucau avec mission pour ce poste de surveiller l'ensemble de ces deux agglomérations ouvrières en réalité confondues.
Il ne m'appartient pas d'émettre sur ce point qui vise un arrondissement voisin, des propositions détaillées, mais je crois de mon devoir au fait d'avoir expédié un avis, de transmettre au commandant de l'arrondissement de Bayonne à toutes fins utiles et à titre de renseignement une copie de ce rapport.
Proposition du chef d'escadron Cheval-Borum commandant la compagnie de Mont de Marsan le 21 juillet 1915
1- qu'un poste militaire soit placé à proximité des "Forges" pour en assurer la garde extérieure et intervenir au premier appel venant de l'intérieur.
2- que l'effectif de la brigade du Boucau soit porté à 6 hommes dont la mission consisterait à assurer le service ordinaire de la gendarmerie, tout en concourant de façon active à la surveillance de l'établissement.
3- qu'en cas d'évènement grave venant à surgir dans cet établissement, le chef de la brigade du Boucau soit autorisé à prendre les premières dispositions, de concert avec le commandant du poste militaire et à prévenir par télégramme, le commandant de l'arrondissement de Dax et le commandant de la compagnie des Landes.
Le poste de surveillance militaire ne sera pas retenu étant donné la superficie de l'usine.
Sources : Archives départementales des Landes 10M81 - Remerciements à JP Cazaux