Au sujet de la grève de 1906...
15 juin 1906 : Rapport du Brigadier Etchevers, commandant de la brigade de Saint Martin de Seignanx.
Le jeudi 14 courant, environ 120 dockers appartenant à la catégorie des déchargeurs de navire et travaillant pour le compte de Monsieur le Directeur des Forges de Tarnos, se sont mis en grève, en demandant une augmentation de salaire.
Aucun incident sérieux ne s'est encore produit, mais néanmoins des conflits sont à redouter, toutefois, le personnel des forges ne paraît pas vouloir se solidariser avec les ouvriers dockers.
Le service d'ordre est assuré par la gendarmerie des Basses Pyrénées, cependant deux gendarmes de la brigade de Saint Martin de Seignanx, en tournée aux Forges ont prêté main forte aujourd'hui à leurs collègues du Boucau, en attendant l'arrivée des brigades de Bayonne. On ne peut encore prévoir la fin du conflit, Monsieur le Directeur étant absent et ne devant rentrer que le 27 juin.
Des pourparlers ont été engagés, mais l'augmentation étant de 40%, on ne peut répondre sans examen à cette demande, surtout en l'absence du directeur. Il a été proposé aux ouvriers de reprendre le travail en attendant, en leur promettant que toutes les avances qui leurs seraient faites auraient leurs effets à dater du 14 juin, mais ils n'ont rien voulu savoir, jusqu'à présent.
Ils ont d'ailleurs quitté le travail au milieu du débarquement d'un navire, sans le moindre avis préalable.
20 juin 1906 : Rapport du Capitaine Bichelatour, commandant l'arrondissement de Dax.
La grève des dockers des usines métallurgiques de Tarnos est terminée, les ouvriers ayant obtenu une augmentation de salaire, qui doit être ratifié par le directeur à sa rentrée le 27 du courant.
7 août 1906 : Rapport du Capitaine Bichelatour, commandant de l'arrondissement de Dax.
Environ, 120 dockers, non syndiqués, des Forges de l'Adour ont cessé de travailler depuis le 3 août courant, réclamant une augmentation de salaire. Le motif est basé sur ce qui concerne le chargement des poteaux de mines, pour lequel travail ils sont payés à raison de 4F50 par jour, alors qu'ils veulent 5F qu'on ne veut pas leur donner.
Aucun incident ne s'étant produit, on escomptait la reprise du travail pour le 6 courant, mais les ouvriers se sont abstenus.
Le travail continue quand même, d'autres ouvriers ayant été embauchés, jusqu'à présent l'ordre n'a pas été troublé.