Conférence sur les mouvements sociaux aux Forges de l'Adour de 1897 à 1936 (suite) ...
"C’est dans ce contexte que Jules Guesde (en traitement à Biarritz) assiste à une réunion organisée à la salle Bellevue (tenue par M Lafitte) à Boucau le 6 juillet 1897. Cette réunion a pour thème " de la nécessité de l’organisation ouvrière ".
Jules Guesde est assisté de MM Carnaud et Sicaud députés Socialistes du Parti Ouvrier Français. La réunion est présidée par Maxime Perrin le président de l’union métallurgiste du Boucau.
Cette réunion est importante pour le syndicat, mais également pour les socialistes de Boucau et Tarnos.
Aux élections municipales du 6 mai 1900 à Boucau, c’est Maxime Perrin qui mène la liste socialiste contre le maire sortant, Eugène Dumontel ; la liste socialiste est battue.
Il n’y a plus de mouvements sociaux aux Forges jusqu’en 1910.
Ce sont les dockers qui vont les premiers faire parler d’eux. En 1906 de juin à août on assiste à une série de grèves des dockers.
Le trafic du port de Bayonne est en constante augmentation à cette époque, il est essentiellement constitué par deux produits la houille et les poteaux de mines. Plusieurs maisons contrôlent ce trafic : La Maison Worms, la Maison Léglise, la Société Lysberg Limited, le Syndicat des propriétaires des poteaux de mine des Landes, la maison Depeaux, et bien sûr les Forges de l’Adour.
Le trafic se fait essentiellement sur le port de Boucau. (Boucau 62 % Bayonne 38 %)
Répartition du trafic du Port de Bayonne :
| Années | Houille | Poteaux Traverses | Minerai de fer | Phosphates | Céréales |
| 1908 | 40,1 % | 22,3 % | 8,8 % | 9,4 % | 3,5 % |
| 1909 | 42 % | 22,7 % | 8 % | 6,3 % | 2,8 % |
| 1910 | 42,4 % | 22,2 % | 9,7 % | 4,7 % | 4,7 % |
Parlons un peu de ce monde particulier des dockers. Muni de la hougne, capuchon de cuir qui leur protège la tête et les épaules, les porteurs, à dos d’homme ou à la corbeille, transportent le charbon, les pyrites etc… du quai au bateau sur une passerelle très étroite. Bien qu’il existe aussi des grues à vapeur, le coltinage reste malgré tout monnaie courante. Ce travail est très dur et les accidents très nombreux en voici un relaté par le Courrier de Bayonne :
Le 24 novembre 1910, Geraldo Lopez (25 ans) était occupé à décharger du charbon du vapeur " Maroon ", amarré au Boucau. En portant une corbeille remplie de charbon et pesant 70 à 80 kilos, sur la passerelle reliant les quais au vapeur, cet ouvrier glisse et tombe à la renverse. La corbeille qu’il avait sur l’épaule tombe en avant et lui força tellement la tête que la colonne vertébrale fut fracturée."
à suivre...