Conférence sur les mouvements sociaux aux Forges de l'Adour de 1897 à 1936 ...

Publié le par adolphine

Voici comme promis le contenu de la conférence sur "les mouvements sociaux aux Forges de l'Adour de 1897 à 1936" donnée par Jean-Pierre CAZAUX à la Bourse du Travail à Boucau le vendredi 8 juin 2007 dans le cadre du 150ème anniversaire de Boucau. 
Je remercie Jean-Pierre d'avoir eu la gentillesse de bien vouloir mettre en forme sa conférence afin que je la diffuse sur le blog...
 



"Bien que l’usine emploie dès le début de sa création une masse ouvrière très importante (on en compte près de 1500), il n’y a pas d’organisation syndicale. Les paysans et les pêcheurs de Boucau-Tarnos n’ont aucune tradition de lutte. Pour une bonne et simple raison, ils n’ont jamais travaillé en groupe pour un même patron.
 

Dès le départ ils sont encadrés par des ouvriers spécialistes (lamineurs, forgerons, chauffeurs, etc. …) venus des centres industriels que posséde la Compagnie, comme Commentry et Saint Chammond, mais également d’autres centres comme Decazeville par exemple.

Ces spécialistes connaissent le travail sous la férule des " maîtres de forges " et pour la plupart ont déjà participé à des mouvements sociaux dans les établissements d’où ils viennent.

Dès 1890 il existe à Bordeaux un fort noyau collectiviste de tendance Guédiste, qui va vite dépasser les frontières de la Gironde.

C’est ce groupe qui est à l’origine de la formation dans les Basses Pyrénées du groupe du Boucau parmi les métallurgistes des Forges.

C’est en 1896 que Maxime Perrin, son frère Jenty Perrin, Jean Cazade et Denis Recolin fondent la Société Syndicale de L’union métallurgiste dont le siège social est à Boucau. 


De 1897 à la guerre de 1914

En 1897 c’est la première grève. Elle dure du 11 au 14 janvier 1897. Elle éclate parmi 56 lamineurs et aides crocheteurs, chauffeurs, aides et manœuvres.

C’est la réduction de 20% du salaire, par suite du perfectionnement de l’outillage, qui en est la cause. Voici la grille des salaires pour une journée de 12 heures :  

2 lamineurs

13,5 Francs

8 aides lamineurs

10,8 Francs

4 chauffeurs

13,2 Francs

16 aides chauffeurs

8,6 Francs

12 crocheteurs

6 Francs

14 manœuvres

5,7 Francs

 

La réduction ne sera que de 10% après transaction des Pouvoirs Publics (en l’occurrence Eugène Dumontel, le maire de Boucau). La Compagnie reste bénéficiaire, car la production augmente grâce aux nouvelles machines."            


                                                                                   à suivre...


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