La fermeture des Forges de l'Adour vue par la Compagnie (suite)...
Conférence de Presse du 6 juin 1963 sur la Conversion de l'usine du Boucau (Forges de l'Adour) - suite...
Peut-on concevoir l'installation au Boucau d'une usine côtière moderne (suite)
...En même temps par conséquent que nous arrivions à la conclusion de l'impossibilité d'une solution sidérurgique, nous avons posé comme une donnée impérative la nécessité de résoudre le problème social, c'est à dire de créer des emplois nouveaux dans la région pour se substituer aux postes de travail qui allaient disparaître avec la fermeture de l'usine.
Nous devons nous élever énergiquement contre toutes les affirmations qui tendent maintenant à laisser croire que c'est sous la pression de l'opinion publique ou devant la révolte des syndicats que la politique de conversion a été définie et entreprise.
C'est en réalité le 13 décembre 1961, le jour même où la décision définitive de fermeture a été arrêtée, que nous avons, avec les Pouvoirs Publics, jeté les premières bases de ce qui allait, dans la forme, devenir le protocole de conversion et, dans le fond, la procédure de conversion qui se déroule actuellement et dont nous allons maintenant parler.
La conversion sur place
On sait que les Français répugnent à changer de lieu de résidence. Cet attachement à la région natale crée sans aucun doute une difficulté supplémentaire quant il faut que la structure de l'économie évolue.
C'est ainsi qu'on peut voir, au même moment, l'arrêt d'une usine poser localement un problème d'emploi, tandis qu'ailleurs des établissements en expansion ou nouvellement créés manquent de main d'oeuvre.
Sans vouloir mettre en balance les justifications affectives de ce fait social et les inconvénients économiques qu'il peut comporter, nous l'avons dès le départ considéré comme une donnée de base, c'est à dire que nous avons décidé que la conversion devait se faire sur place.
C'est au Boucau, ou dans le voisinage immédiat, qu'il fallait prévoir le reclassement du personnel. Ceci bien entendu ne simplifiait pas notre tâche, en raison de l'absence de toutes implantations industrielles pré-existantes, susceptibles d'absorber tout ou partie de notre personnel.
L'arrêt d'une usine de 1500 personnes ne pose pas de problème dans la région parisienne ou dans un centre industriel de quelque importance. Il n'en est pas de même lorsque cette usine est quasiment seule dans sa région et qu'il faut donc pour la remployer créer de toutes pièces des ateliers nouveaux. C'est néanmoins la tâche que nous nous sommes assignée...
à suivre...