La fermeture des Forges de l'Adour vue par la Compagnie (suite)...
COMPAGNIE DES ATELIERS ET FORGES DE LA LOIRE
Conférence de Presse du 6 juin 1963 sur la Conversion de l'usine du Boucau (Forges de l'Adour) - suite...
Non seulement l'usine subit des pertes considérables mais cet inconvénient a été en s'aggravant depuis 5 ans. L'année 1957 a été la dernière année pour laquelle l'usine a pu couvrir ses dépenses par ses recettes.
Les chiffres ci-après, relatifs à 7 exercices consécutifs, montrent bien le sens et la profondeur d'une telle dégradation.
| 1956 | bénéfice de | 202 millions |
| 1957 | bénéfice de | 470 millions |
| 1958 | perte de | 2 millions |
| 1959 | perte de | 21 millions |
| 1960 | perte de | 787 millions |
| 1961 | perte de | 1122 millions |
| 1962 | perte de | 850 millions |
Il peut paraître surprenant que ces pertes incontestables qui découlent d'une comptabilité sans mystère aient pu être contestées par certains et notamment par des membres de notre personnel. Elles sont en tout cas un fait.
Il est un autre reproche, contradictoire d'ailleurs, qui nous a été aussi adressé, et parfois par les mêmes. Pourquoi la CAFL, entreprise forte de 17000 personnes et de 85 milliards d'anciens francs de chiffre d'affaires annuel, ne peut-elle supporter une perte d'un milliard par an, si c'est le prix socialement nécessaire pour continuer à faire vivre les travailleurs du Boucau et leur famille.
Il convient tout d'abord de répondre que nous n'avons pas rejeté d'emblée un telle charge, puisque nous avons accepté de la supporter pendant le temps nécessaire pour trouver une solutions au problème humain, c'est à dire pour créer des emplois nouveaux.
Ce tribut n'est pas léger car la perte annuelle de la seule usine du Boucau est du même ordre que le résultat bénéficiaire que nous avons enregistré pour toute la Compagnie dans la meilleure des dernières années...
à suivre...