Quand la presse évoque la fermeture des Forges et la reconversion (suite et fin)...

Publié le par adolphine

"Pendant trente ans, j'ai dirigé (illisible). Et je suis à la retraite. Je suis un peu comme eux. Nous avons combattu les uns contre les autres, mais nous sommes des amis. Ils disent qu'on ne les tient pas au courant, ce n'est pas un dessein d'une part, c'est une impossibilité. 

Les relations sont toujours difficiles et (illisible). Il a été dit que l'usine fermerait et qu'ils seraient tous (illisible)...

... Les Forges, c'est terminé, c'est un miracle que nous ayons tenu si longtemps, c'est fini, il y a là un réalisme que l'on ne peut écarter.

Nous avons augmenté la production de 40% c'est vrai. Mais si vous perdez à chaque tonne que vous produisez à cause du transport et du charbon, plus vous en faites, plus vous perdez.

La région et ses possibilités portuaires intéressent plusieurs grosses entreprises qui voudraient s'y installer. Nous faisons tout pour que ça aboutisse. Le port de Bayonne va devenir le premier port du soufre et du maïs. Il est donc naturel qu'une société de transformation du maïs et une autre société de transformation du soufre viennent s'installer ici et travaillent pour le Marché Commun.

Le Boucau et la région seraient sauvés. Il y a sur place une maind'oeuvre magnifique, tout est favorable... mais à la suite d'accords, de traités, de planification, le soufre français, le maïs français coûtent moins cher rendus à Rotterdam ou à Anvers que sur les quais du Boucau d'où ils partent. A Anvers et à Rotterdam on dit aux industriels : "Venez construire, on va tout faire pour vous" et les deux villes deviennent gigantesques.

L'Etat a des usines d'aviation qu'il veut décentraliser; qu'il en envoie une au Boucau ! Breguet a bien des usines en face. Pourquoi ne ferait-on pas des réacteurs sur l'Adour ? On peut reclasser le personnel.

Bien sûr, il n'est pas question de transférer ailleurs les ouvriers. C'est impensable. Il sont nés ici, c'est leur terre, ils ne seraient que des malheureux ailleurs.

On dit  toujours : les sociétés font ceci et cela... mais ne sommes-nous pas en dernier ressort entre les mains de l'Etat ? Qui impose les prix pour le charbon et le transport ?  Qui décide qu'une zone sera X ou Z ?

Qui ? Personne ne sait. Peut être simplement le temps qui passe. Qui ?... Qui irait dire aux gens du Bas-Adour : vivez encore tranquilles, maraîchers, forgerons. Personne, sans doute, car personne ne sait répondre à l'unique question : le monde manque t-il d'acier ou en a-t-il trop ?"

                                                                      Pierre Fisson.

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Publié dans Histoire

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