Conférence sur les mouvements sociaux aux Forges de l'Adour de 1897 à 1936 (suite) ...

Publié le par adolphine

"En 1911, ce sont à nouveau les dockers qui se mettent en grève. 
Ils sont 100 travaillant pour le compte des Forges de l’Adour à suivre le mouvement de grève des dockers de Bayonne et du Boucau le 8 mars. 

Les revendications sont les suivantes :
6 F par jour pour travaux ordinaires (à la grue), 8 F par jour pour les travaux spéciaux (à la main). 

La proposition patronale est la suivante : 5,5 F pour les travaux ordinaires, 8 F pour les travaux spéciaux avec garantie d’un minimum de tonnage suivant les matières déchargées. 

Ces mesures vont être acceptées par les dockers qui reprennent le travail le 17 mars. 

Mais entre temps des manœuvres d’intimidation vont être mises en œuvre. Intervention des troupes de ligne de Bayonne et de la brigade de gendarmerie de St Martin de Seignanx pour protèger la distribution normale du charbon des Forges. 
Un aspect positif de cette grève, 300 ouvriers de l’usine qui ont assisté le 15 mars à une réunion des dockers ont adhéré au syndicat CGT des Forges. C’est ici sa première manifestation. 
On peut remarquer qu’il s’agit durant cette période, de grèves catégorielles, dont la durée n’excède pas 10 jours, sans réunion importante, sans manifestation extérieure. 

Le syndicat CGT qui existe n’est jamais intervenu en tant que force d’organisation et de coordination des mouvements revendicatifs. 
Peut-être que l’organisation syndicale est quelque peu fantôme, c’est ce qui explique la décision des dockers (les plus combatifs) d’adhérer en 1906 au syndicat de Bayonne.


L’arrivée d’étrangers, en particulier des Espagnols pour remplacer des Français envoyés au front. Ainsi sur 1813 ouvriers que compte l’usine en 1918, il y a 171 espagnols, 15 portugais, 9 belges, 2 grecs, 7 italiens
 



Pendant la guerre de 1914 

Pendant la première Guerre Mondiale l’usine va travailler très activement pour la défense nationale. L’effectif de l’usine passant entre 1914 et 1918 de 1600 à 2000 ouvriers. 

Cette augmentation d’effectif pendant la guerre a été favorisé par :

Le fait que presque la moitié des ouvriers employés est composé de mobilisés à l’usine (loi Mourier du 17/8/1917). Dès le début de la guerre une polémique est née relevée par le capitaine Lejeune commandant l’arrondissement de Dax qui explique dans une lettre du 20/7/1915 que la direction d’efforce de demander " nominativement un certain nombre de ses anciens ouvriers actuellement sur le front. Les femmes de ces ouvriers le savent et comptent sur le retour de leur mari. Mais elles constatent quotidiennement que la plupart des ouvriers que reçoit l’usine de l’autorité militaire sont étrangers à la région. " 

Cela crée un mécontentement assez vif, susceptible de s’accroître selon les évènements. Et de conclure : " Aucune femme ne veut admettre qu’on fasse venir un ouvrier du Nord, alors qu’on ne rappelle pas son mari, qui avait avant la guerre, sa place à l’usine. "


                                                                                       à suivre...


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