A propos de la création des Forges de l'Adour (suite)...
Courrier de Bayonne - suite et fin de l'Article du 20 décembre 1882
"...On active l'achèvement des massifs réfractaires de deux hauts-fourneaux et du monte charge; on presse le montage des machines soufflantes et des pompes, et celui des estacades qui doivent servir de magasins de charbon et de minerai.
Dès que ces derniers travaux seront terminés, on pourra allumer les hauts fourneaux; la mise en feu aura lieu sans doute en janvier. Quant à la forge pour le laminage des rails, elle exigera quelques semaines de plus.
Toutes les constructions, quoique menées très rapidement, ont été exécutées avec un grand soin, aucun tassement ne s'est produit et on peut avoir une confiance absolue dans leur solidité.
Sans aucun doute, la création de ce nouvel établissement sera fructueuse pour la Société; les minerais de Bilbao, expérimentés à Givors ont donné des produits de très bonne qualité; ils sont abondants et d'ailleurs, les bords de la Bidassoa renferment aussi de nombreux filons de minerais, également purs, qui peuvent arriver par chemins de fer, et empêcheront qu'on ne soit à la merci d'un seul centre de production. L'écoulement des produits paraît d'ailleurs assuré : l'usine nouvelle est bien placée à l'égard des chemins de fer du Midi et d'Orléans et sa situation lui a permis de prendre 40 000 tonnes de rails, destinés aux chemins de fer de l'Etat, à livrer dans les gares du réseau Sud, Marmande, Montauban, Saint Loubès etc...
Les Forges de l'Adour ont déjà un stock de commandes qui lui fournira du travail pendant deux ans.
Au 30 juin 1882 les dépenses effectuées pour les Forges de l'Adour s'élevaient à la somme de 2 millions 771 224 fr 16.
L'opération d'encaissement du capital représenté par les actions nouvelles et destiné à la constuction des Forges de l'Adour, s'est faite dans des conditions satisfaisantes : sur les trois versements échus le 31 mai 1882 (5 250 000 fr) il ne restait à recouvrer que 88 125 fr."