Les fêtes de la Saint Eloi prennent de l'ampleur (suite)...
Courrier de Bayonne - Article du 14 et 15 août 1900
Les Fêtes aux Forges de l'Adour (suite)
Midi : Invités par l'ami A.M. nous nous rendons chez Ch. D. et sa famille chez notre amphitryon. Accueil cordial, menu soigné, vin exquis qu'on croirait offert par quelque propriétaire du bordelais désireux d'éviter l'intervention du conseil de prud'homme en vertu de l'adage "Bonum Vinum latificat cor hominis", les hommes devenant rarement mauvais quand le vin est bon.
Impossible de taire le plaisir de rencontrer à cette table un jeune vieillard de 85 ans, le père Darzins, l'enfant gâté de l'ami Page, un sellier de vieille roche qui n'a pu encore blanchir sous le harnais ! Il se tient à table mieux que vous et moi, je souhaite à mes amis de se proter aussi mal que lui à son âge.
3 heures, concours d'escrime. Les prévôts du 49ème ont donné avec entrain, un peu trop d'netrain peut-être.
L'amour propre du coup de bouton est une bonne chose, mais il diminue parfois la valeur des coups portés dans l'assaut classique, ce qui n'a pas empêché les tireurs de réussir plusieurs passes qui n'étaient pas sans mérite. Bon point aux deux amateurs.
4 heures, concours de fandango. La jeune et la vieille garde de Ciboure ont fait merveille ! Bon sang ne peut mentir, celui des cascarotes surtout : Joséphine, Gachucha, Léonie, Mayia Juana, Marafina, Clotilde, Juana Marie, Fermina, ils ont dansé chicardement aussi, "Mécié, et il ne voulé pas rentré lé maisson de Ciboure, sans pouvoir y dire, sabébou gaïchoa, que tout le monde et lé monde de Boucau aussi ils ont été amaravillés de cette danse de fandangue !
Anon, anon, c'été très chouet, je vous le dit en face de vot figur de bisage, Gachucha gaïchoa poullita !"
5 heures, ouverture du bal. Six salles en plein air pouvant contenir un millier de danseurs, décorées avec un goût parfait, un sol uni et ferme, en un mot tout ce qu'il fallait pour satisfaire la vue et les jambes des danseurs.
Sur l'estrade, le maëstro Perron senior, chef d'orchestre, acteur, auteur, chevalier de l'ordre d'Isabelle la Catholique, tenant sous l'autorité de sa baguette magique (j'ai dit magique !) sa phalange d'artistes et les danseurs sous le charme de sa musique.
Force nous est de borner à cette simple appréciation notre tribut d'éloges pour ne point froisser la modestie universellement connue de l'unique Perron senior !
à suivre...