Les fêtes de la Saint Eloi prennent de l'ampleur (suite)...

Publié le par adolphine

Courrier de Bayonne - Article du 14 et 15 août 1900



Les Fêtes aux Forges de l'Adour


Elles commençaient samedi avec le silence des marteaux. De toutes les ruches de l'usine s'envolaient les nombreux essaims d'ouvriers, et leur joyeux bourdonnement trahissait le bonheur d'une entrée en vacances.

Dimanche, après les salves matinales, la cérémonie religieuse, célébrée à la chapelle des Forges de l'Adour, bien trop petite pour contenir la masse d'ouvriers qui s'y étaient rendus, force fut à bon nombre d'entr'eux de rester sur le parvis. 
M. l'abbée Duclos officiait. A 9 heures précises, comme il convient à tout aumônier militaire, M. Duclos pénétrait dans le choeur.
La chorale des Enfants des Forges, exclusivement composé d'ouvriers de l'usine attaquait tour à tour le Kyrie et le Gloria de Roubin.
Nous traduisons le sentiment général en disant que cette audition est tout à la louange des jeunes exécutants et de leur chef M. Maurisson, qui ne craint pas de prendre sur ses heures de repos les nombreuses heures de labeur opiniâtre réclamées par l'éducation musicale de ses dévoués collaborateurs.
Il se peut que les jeunes ouvriers n'aient pas, en matière de chant, les savantes notions des artistes lyriques, qu'ils me permettent de les en faciliter; telles quelles leurs voix feront toujours plaisir, mieux vaut d'ailleurs qu'elles continuent à s'exercer sur les rails que sur les planches.
Elles sont sûres de conserver la vigueur et la pureté que les meilleures académies n'assurent pas toujours.
"Lou Pierroulin que si hesé come ün perdut ! Cou balli 100 ans per debine anemique et 150 per esta poitrinère !".

Un des membres de la chorale, M. Darricarrère a eu les honneurs de la journée.
Avec son Ave Maria de Gounod, chanté d'un vois puissante et bien timbrée, a servi l'assistance.
M. Darricarrère chante, mais ne crie pas; c'est une qualité trop rare chez les personnes qui, dans les églises, visent à l'effet pour ne pas saluer au passage.
Mme Martinon a fait plaisir dans l'Agnus de A. Roubin.
Le sermon de M. l'abbé Lamblin a produit l'heureuse impression que laisse dans les esprits et dans les coeurs la parole d'un orateur dont la valeur incontestable perce en dépit d'une modestie très grande, modestie qui à l'insu du prédicateur ajoute à l'autorité de la parole sacrée.
La péroraison consacrée aux soldats en partance pour la Chine a été émouvante comme le salut au drapeau.


                                                                                          à suivre...

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Publié dans Histoire

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